Tour des Flandres : Les Français en « dynamiteros »

L'Equipe de France a préparé la Coupe des Nations Espoirs sur le Triptyque des Monts et Châteaux. Marc Fournier et Nans Peters ont réalisé le doublé sur la première étape, puis Fabien Grellier est allé chercher la 4e place du classement final de l'épreuve 2.2.
A la veille du Tour des Flandres Espoirs, le sélectionneur Pierre-Yves Chatelon a répondu aux questions de DirectVelo.com.

DirectVelo.com : Quel bilan fais-tu du Triptyque des Monts et Châteaux ?
Pierre-Yves Chatelon : C'était une préparation pour les classiques de la Coupe des Nations. Il y a eu des bordures, des monts, des petites routes... Le niveau était intéressant. La prestation a été à l'image de ce que nous avions fait l'an passé sur le Rhône-Alpes Isère Tour (2.2), avec une première étape tout feu tout flamme. Je fais donc l'analyse que les Espoirs sont à leur avantage le premier jour sur une épreuve par étapes de classe 2. Puis ça se fait ensuite sur l'expérience et le métier. Le Vendée U n'avait quasiment pas d'Espoirs. Leur équipe était plus expérimentée que la nôtre.

Après le doublé le premier jour puis la perte du maillot jaune sur la deuxième étape, quelle a été la tactique ?
Suite à la 2e étape, où il a terminé 3e, l'équipe était au service de Fabien Grellier. Les autres se sont étiolés au fil des jours. Marc Fournier, le 3e jour, a tiré toutes ses cartouches en peu de temps tellement il était frustré de l'étape précédente. Mais il a bien protégé Fabien dans le final.

« IL N'Y AVAIT PAS DE SPRINTER SOUS LA MAIN »

Comment imagines-tu le Tour des Flandres pour l'Equipe de France ?
Il risque de nous manquer un coureur avec une grosse pointe de vitesse. Nous avons eu ces deux dernières années des arrivées au sprint avec un groupe de 40-50 coureurs. Cela dit, le final a changé. Avant nous avions un long secteur pavés de 3 km, puis un autre derrière long d'environ 1, 5 km avant l'entrée sur le circuit final. Cette année, il n'y a plus ce long secteur de 3 km qui faisait un premier tri. En revanche, ils ont mis le Koppenberg dans la dernière boucle. Avant, les trois difficultés du dernier circuit, qu'on faisait deux fois, étaient éloignées de l'arrivée. Ça ne faisait pas la différence. Le Koppenberg peut durcir le final.

Pourquoi n'as-tu pas retenu un sprinter ?
Je n'en avais pas vraiment sous la main. J'ai préféré ménager Jérémy Lecroq dans l'optique du ZLM Tour. Et il n'a pas encore démontré qu'il pouvait passer les monts pavés en configuration de course. Hugo Hofstetter n'est pas encore au niveau de passer un Tour des Flandres. Pour Yoan Verardo, les pavés ne sont pas trop son truc. Nous l'avions constaté quand il avait participé à Paris-Roubaix Juniors. Et nous avons encore pu le voir sur le Triptyque des Monts et Châteaux. Il avait du mal sur les rares pavés de cette course. Malgré des arrivées au sprint depuis deux ans, je n'ai donc pas retenu un sprinter par la force des choses. L'équipe doit donc se tourner vers l'offensive, il faut être des « dynamiteros » ! (sourires)

« AGREABLEMENT SURPRIS DU NIVEAU CHEZ LES ESPOIRS »

L'objectif est de remporter la Coupe des Nations ?
La Coupe des Nations est le fil rouge de la saison. Elle permet de se situer par rapport aux autres pays. La victoire n'est pas une fin en soi, ça devient plutôt un objectif au fil des manches. Il faut tenter de rester dans le Top 5. Ce qui permet d'avoir six coureurs engagés sur le Championnat du Monde.

Que penses-tu du niveau chez les Espoirs, en France, depuis février ?
Je suis un peu surpris. Je pensais qu'il y allait avoir un trou avec le nombre d'Espoirs qui sont encore passés chez les professionnels pendant l'intersaison. Finalement, ça a fait un appel d'air. Les seconds couteaux de l'an passé se sont affirmés de suite. Le niveau a-t-il baissé ? Je ne pense pas honnêtement. Ce n'est pas le simple fait d'enlever l'Armée de Terre dans les courses qui a fait baisser le niveau... d'ailleurs ils sont encore là. Je suis agréablement surpris du niveau des Espoirs en France. Nous en saurons plus avec les manches de la Coupe des Nations Espoirs ou des belles épreuves de classe 2 comme le Tour de Bretagne.

Crédit photo : Nicolas Gachet - www.directvelo.com
 

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