Europe - Espoirs Hommes : Les réactions des Français

Pour la dernière épreuve de ces Championnats d'Europe de Nyon (Suisse), la France a décroché une sixième médaille - la quatrième en bronze - grâce à Anthony Turgis, troisième de l'épreuve en ligne Espoirs Hommes. Retrouvez ci-dessous les réactions du clan français, recueillies par DirectVelo.com.

Thomas Boudat
4e
« J'aurais dû lancer mon sprint de beaucoup plus loin. Je l'ai fait aux 200m, mais c'était beaucoup trop tard. Le final était difficile à gérer pour moi avec la présence d'Anthony (Turgis) à l'avant. Je n'étais pas dans une forme exceptionnelle. J'ai essayé de suivre les coups. Juste avant la cloche, je me suis retrouvé dans un groupe d'une quinzaine de coureurs en contre dans ce qu'il restait de la première échappée. Il y avait beaucoup de Belges. J'ai l'impression qu'ils n'arrivaient même pas à s'entendre entre eux. J'ai vu qu'ils me surveillait de près. Je les ai entendu parler de moi.
Nous avons repris Loïc (Chetout) dans la première difficulté du circuit, peu après la ligne. Il a fait un gros boulot pour moi. C'est lui qui m'a lancé le sprint. Au final, je récupère la médaille en chocolat...
Je ne suis pas certain de recourir avec le Vendée U d'ici la fin de saison. Je pars en milieu de semaine au Portugal pour les Championnats d'Europe qui débuteront dans 10 jours.
Je couperai alors quelques jours avant de faire une semaine d’entraînement. Viendra alors le Championnat de France Espoirs. Je ne vais pas disputer le 10 août, la finale de la Coupe de France DN1 (Circuit du Viaduc au Ponthou, NDLR). C'est un circuit trop difficile pour moi. Ensuite, j'aurai encore une autre compétition sur piste puis un stage avec l'Equipe de France. »

Loïc Chetout - notre photo -
31e
« Je voulais être aux avant-postes aujourd'hui. Je ne voulais pas qu'il y ait une course d'attente. Je me suis retrouvé échappé dès le départ. Je me sentais super bien. Franchement, j'avais des jambes de feu. Au début, je ne croyais pas trop aux chances de notre échappée d'aller au bout. Puis, Pierre-Yves Chatelon est monté à ma hauteur et m'a dit - tu peux y croire -. Il y avait des gros pays représentés dans cette échappée. Je ne me suis pas livré à 100%, comme les sept autres gars présents. J'ai essayé de m'économiser au maximum.
Quand j'ai senti que le peloton revenait, j'ai attaqué un peu avant la cloche. J'ai mis plusieurs attaques. Hélas, ça ne l'a pas fait. Je me sentais encore bien dans le final. Je me suis sacrifié pour Thomas Boudat quand j'ai vu que je n'étais plus dans le match. L'équipe était là pour gagner le titre, et non pas que j'aille faire une placette. Je suis remonté dans le dernier kilomètre pour lui lancer le sprint. »

Quentin Jauregui
47e à 57"
« On ne pensait pas que la course allait être si dure que ça, mais au fur et à mesure des tours, c'est devenu de plus en plus dur. D'autant qu'à un moment, on a eu une météo pourrie d'un coup. Quand Loïc Chetout était devant, on essayait de contrôler un peu derrière pour éviter que ça revienne. Une fois que le peloton est rentré, on a essayé de protéger Thomas Boudat au maximum. Moi je roulais et j'essayais d'aller chercher les attaques. J'ai fini par m'éteindre à un kilomètre de l'arrivée. Après tout le travail effectué, c'était normal. Dans la dernière ligne droite, Loïc a protégé Thomas pour le sprint. Il y avait aussi Anthony devant. Je pense que l'on a fait un beau travail d'équipe.
C'est la sixième médaille pour la France mais il n'y a aucune victoire. Cela montre que l'on est l'une des meilleures nations mais cela n'a pas souri. Ce n'est pas parce que l'on n'a pas le maillot que l'on n'était pas les plus forts. Après, c'est vrai que Stefan Küng était quand même une jambe au-dessus aujourd'hui. C'est le jeu. Si la course était arrivée au sprint, Thomas (Boudat) aurait sans doute gagné. »

Pierre-Yves Chatelon - Sélectionneur de l'Equipe de France
« Une médaille, c'est toujours bon à prendre. Ils ont faits une bonne couse. Kévin Ledanois marchait fort mais il n'a pas eu de chance, le jour de son anniversaire. Il a dû changer trois fois de roue suite à des crevaisons. Dans le final, Anthony Turgis est tombé sur un grand Stefan Küng. Nous savions au départ qu'il allait être un des gros clients de la journée. Il ne fallait pas le laisser partir.
Il y a quand même des choses à revoir. Nous n'avons pas couru à la perfection. Dylan Kowalski est sorti seul en contre à un moment alors qu'il y avait trois minutes entre les huit échappés et le peloton. C'était évitable, cela ne sert à rien. J'ai attendu de voir s'il grignotait du temps pour lui donner des consignes. On aurait pu demander à Loïc Chetout de ne plus rouler dans l'échappée, mais Dylan a plafonné à deux minutes. C'est dommage car nous avons grillé une cartouche à ce moment-là. »

Propos recueillis par Nicolas Gachet et Nicolas Mabyle.

Crédit Photo : Nicolas Mabyle - www.directvelo.com
 

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