Coupe du Monde de cyclo-cross : Le point sur la réforme

Crédit photo DirectVelo.com

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Le monde du cyclo-cross est en émoi. Cette discipline est face à ce que l'Union Cycliste Internationale et Flanders Classics nomment "la plus grande réforme de l'histoire". La Coupe du Monde veut s'imposer comme l'ultime produit de son sport. Alors que la période d'envoi de candidature n'est pas terminée et que le nombre de manches prises en compte pour le classement n'est pas encore dévoilé, d'aucuns ont déjà marqué leurs craintes et incertitudes. Ainsi, l'organisateur du cyclo-cross de La Mézière a déjà jeté l'éponge (lire ici). DirectVelo fait le point.

FLANDERS CLASSICS EN PREMIÈRE LIGNE

L'organisateur du Tour des Flandres, Flanders Classics, a remporté en juin l'appel à candidature lancé par l'UCI. Un membre de l'instance internationale explique le contexte à DirectVelo. "Nous avions plusieurs propositions en main. Celle de Flanders Classics répondait à nos attentes, notamment sur la question de l'internationalisation qui est très importante à nos yeux. Ils ont acquis les droits d'organisation à partir de l'hiver prochain jusqu'à la saison 2027-2028. Ils détiendront également les droits de diffusion. L'UCI travaille de concert avec son opérateur. La plupart des dossiers est étudiée conjointement. C'est le Comité Directeur de l'UCI qui entérinera le programme de la prochaine Coupe du Monde".

UNE MANCHE TOUS LES DIMANCHES

La Coupe du Monde est actuellement composée de neuf manches : deux aux Etats-Unis en septembre suivies de sept en Europe. Dès l'an prochain, ce seront seize manches qui seront organisées. Pour assurer l'internationalisation et ne pas voir la Belgique vampiriser le projet, un même pays ne peut organiser plus de 50% des courses. Les seize dates sont connues. Il s'agit pour l'hiver prochain de tous les dimanches entre le 11 octobre et le 24 janvier. À ces dates s'ajoutent le mercredi 11 novembre et le samedi 26 décembre. 
 
Une respiration est prévue les dimanches 8 novembre, pour les Championnats continentaux, et 10 janvier, pour les Championnats nationaux. La Coupe du Monde se terminera toujours le week-end qui précède les Championnats du Monde. "L'idée est d'offrir un format aisément reconnnaissable par le public. On veut créer des habitudes dans les foyers de tous les pays", indique-t-on du côté de l'UCI. 

CLASSEMENT : SUR COMBIEN DE MANCHES ?

Actuellement, les classements Élites sont établis sur le total des neuf actes. Chez les hommes, cette situation pénalise Mathieu Van der Poel qui a débuté la Coupe du Monde le 16 novembre à Tabor lors du quatrième épisode du challenge. Devant lui au classement, on retrouve actuellement seize coureurs dont treize sont des spécialistes soutenus par les méga-structures belges Pauwels Sauzen-Bingoal et Telenet Baloise Lions? qui ont financé le séjour aux États-Unis.

François Trarieux, sélectionneur de l'équipe de France, ne voit pas d'un bon oeil l'augmentation du nombre de manches. "Je ne sais pas comment les coureurs vont trouver les moyens financiers pour participer à ces seize cross, dit-il à DirectVelo. De plus, je ne pense pas qu'ils soient capables de tenir toute la saison à un bon niveau. Les déplacements seront longs, ce sera très fatiguant. Je ne vois pas de période de récupération dans l'agenda proposé. Je crains que certains usent de pratiques dopantes pour allonger la saison". L'Union Cycliste Internationale est consciente qu'il s'agit d'un point sensible et a indiqué dimanche à Directvelo que "rien n'est encore fixé à ce sujet". 

LA FIN DES CHALLENGES NATIONAUX ?

Avec un cyclo-cross international tous les dimanches, il ne reste pas beaucoup de places pour les autres classements comme le Superprestige, le DVV Trofee, l'EKZ Crosstour ou la Coupe de France. François Trarieux regrette cette situation. "La Coupe de France et l'EKZ sont nécessaires pour amener des athlètes au niveau international. On met à mal ces organisateurs". Selon le sélectionneur français, en ne prenant en compte que les huits meilleurs résultats pour le classement général de la Coupe du Monde, "on donnerait une chance aux calendriers nationaux de subsister. Les athlètes pourraient alors établir un programme intelligent et stratégique, en composant des périodes de repos, des stages et une présence sur les cross de leur pays". Sven Nys, homme-fort de Telenet Baloise Lions et proche de la société Golazo, détentrice du Superprestige, s'est dit "inquiet" au micro de Sporza. "Ce n'est pas viable pour les autres classements. Toutes les bonnes dates d'octobre à janvier seront occupées par une manche de la Coupe du Monde". 

PAS DE PRIMES DE DÉPART

À l'inverse des autres épreuves, les organisateurs de manches de Coupe du Monde ne signent pas de contrats individuels pour la participation des athlètes. Le modèle est basé sur une grille de prix élevée qui dépasse les 70 000 euros toutes catégories confondues. Toutefois, la triple Championne du Monde Sanne Cant craint l'extension de cette compétition à cause de ce modèle financier. Elle l'a expliqué la semaine dernière dans les médias flamands. "L'augmentation de la grille des prix pour les femmes est une bonne chose. Cependant, sans les primes de départ, nous perdrons une source de revenus très importante. La semaine dernière, j'ai fait un Top 10 à Berne. Les prix n'ont pas couvert mes frais de déplacement", a expliqué la Belge. 

Une concurrence entre les manches afin de s'assurer la présence des meilleurs coureurs va-t-elle naitre ? L'UCI n'a pas légiféré à ce sujet. "Nous envisageons de revoir à la hausse les indemnités de déplacement pour les fédérations. Des contrats de départ individuels en Coupe du Monde ne me semblent pas être à l'ordre du jour. Rien n'est prévu à ce sujet dans le réglement", a indiqué l'UCI à DirectVelo.

UNE COURSE FEMMES JUNIORS

Une nouvelle course sera au programme de cette compétition l'an prochain. En effet, une épreuve pour Femmes Juniors sera intégrée entre celles des Hommes Juniors et des Espoirs. Les Juniors Hommes seront donc toujours les premiers à se produire dans la journée. Leur départ sera donné quinze minutes plus tôt, soit à 9h45. L'UCI et Flanders Classics donnent toujours la possibilité à certaines manches de n'accueillir que les deux courses Élites. C'est le cas cette année des manches américaines d'Iowa City et Waterloo. 

LES ÉCHÉANCES

Le 5 novembre, 200 organisateurs ont reçu une brochure d'information de 17 pages. Le 6 décembre, les dossiers doivent être retournés aux fédérations. Le 15 décembre, l'UCI et Flanders Classics annonceront les nations retenues pour l'édition 2020-2021. Enfin, le 31 janvier, la veille des Championnats du Monde, le Comité Directeur de l'UCI se réunira à Dübendorf pour désigner les villes hôtes.

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