Florian Rapiteau : « Une juste reprise des choses »

Crédit photo Michaël Gilson - DirectVelo

Crédit photo Michaël Gilson - DirectVelo

Après une année 2020 sans la moindre victoire, Florian Rapiteau a corrigé le tir en 2021. Il a même fait mieux, en décrochant le premier succès Elite Nationale de sa carrière, sur les Boucles de la Loire à la fin du mois de septembre. Un succès inattendu dû à un contexte personnel difficile, qui a marqué sa mémoire au moment de faire les bilans de son année. Les raisons d’une saison à deux vitesses, qu’il a terminée pied au plancher après avoir été plus discret, son souvenir des Boucles de la Loire, et sa place au sein de Laval Cyclisme 53, Florian Rapiteau revient sur son année pour DirectVelo.

DirectVelo : Quel bilan fais-tu de ton année ?
Florian Rapiteau : Un bon bilan. Mais ma saison s’est résumée, comme souvent avec moi, sur trois ou quatre mois. Mais c’est un bon bilan quand même. Au final j’ai réussi à gagner trois courses, c’est pas mal. Ce qu’il me manque, c’est la régularité sur toute la saison. C’est tout le temps comme ça quasiment. J’arrive à mon poids de forme à chaque fois à l’été et j’ai été opéré de l’artère iliaque. Donc tout ce qui est circulation sanguine, ça se passe mieux avec les grosses chaleurs que quand il fait froid. Pour ces deux raisons, je pense que c’est toujours à partir de mai-juin que ça commence à aller.

Tu as décroché ton premier succès en Elite aux Boucles de la Loire cette année, c’était important pour toi ?
C’est un cap de passé, je savais que j’en étais capable cette année. Je pense que ça va me permettre d’avoir un peu plus confiance l’année prochaine. Psychologiquement, quand tu sais que tu l’as déjà fait, tu peux le refaire, ça met moins de pression dans un final de course. On avait fait 30-40 bornes à deux, c’est toujours ça avec moi. C’est un peu ma manière de faire, en partant de loin. Je l’ai fait aussi avec Mathis Le Berre à l’Estivale Bretonne, on a fait 50 bornes à deux et on se fait reprendre à 2-3 kilomètres de l’arrivée. Comme au Tour de Rhuys où on était à trois. Mais cette fois, ça a payé aux Boucles.

« LE DERNIER MOIS ET DEMI, MAXIME DRANSART ET MOI AVIONS LES CARTES EN MAIN »

À 23 ans, tu as quitté la catégorie Espoir cette saison. Avais-tu une pression particulière ?
C’était surtout la fin de deux années où j’ai eu l’artère iliaque, en Espoir 3 et 4. J’ai été opéré en 2020. Donc c’était la première année où tout se passait bien. C’était une juste reprise des choses, malgré le Covid au début. Puis j’ai eu un accident en début de saison qui m’a coupé les jambes pendant deux mois, mais ça reste un semblant d'année normale. Finalement c’est ma meilleure saison. J’ai gagné en Elite, c’est la grande différence par rapport à celle avec Saint-Herblain (en 2019, NDLR) où j’avais beaucoup de bons résultats.

As-tu néanmoins cette impression d’être un peu plus discret que d’autres leaders de l’équipe ?
J’ai été plus discret jusqu’en août. J’aime bien aussi travailler pour les autres. Mais dans une équipe je suis quand même parmi les capitaines. Donc je sais ce que je dis. Cependant sur le vélo, j’ai commencé à partir d’août à dire « aujourd’hui on court pour moi », et à un peu plus m’imposer car la forme était là. Au briefing j’étais leader. Le dernier mois et demi, c’était Maxime Dransart et moi qui avions les cartes en main.

« ON A TOUS ÉTÉ TRÈS TOUCHÉS APRÈS LA LIGNE »

Quel est ton souvenir marquant de l’année ?
Les Boucles que j’ai gagnées. Sur la façon dont on a couru avec l’équipe, ça a été la course la plus aboutie collectivement. On a toujours été en surnombre du kilomètre 0 jusqu’à la fin. On a réussi tout ce qu’on a entrepris. On a fait ça vraiment bien. Et puis il y a une raison personnelle. On a tous été très touchés après la ligne. J’ai eu une histoire un peu compliquée à ce moment. La veille, j’avais abandonné sur la Suisse Vendéenne. Je ne me sentais pas de faire du vélo. Donc c’était improbable que je gagne le lendemain aux Boucles. Malgré la forme, psychologiquement je n’avais aucune envie de faire du vélo. Et grâce au soutien aussi, tout le monde m’a porté, j’ai conclu après avoir tourné autour.

Tu vas justement entamer ta troisième saison avec Laval, as-tu trouvé l’équipe qui te correspond ?
C’est ce que je recherchais. La N1 déjà, et au-delà, c’est très familial. Quand il y a des choses à dire avec le DS, manager ou président, ça se passe toujours très bien. Il y a une vraie écoute du coureur. Je sais comment ça se passe dans une bonne moitié des N1, j’en ai fait d’autres aussi, et je sais que c’est parfois plus pro. Ça convient à certains, mais moi j’ai besoin d’un cadre plus familial, où je peux m’amuser quand je rejoins mes coéquipiers. Je n’y vais pas pour le travail, j’y vais pour prendre du plaisir.

« ÇA DÉPEND BEAUCOUP DE MOI »

Quelles sont tes attentes pour la saison prochaine ?
J’espère qu’on va faire une belle saison tous ensemble. On est très peu à rester mais j’ai beaucoup d’amis qui viennent dans l’équipe. Il y a plein de belles choses à aller chercher, j’attends beaucoup du collectif. C’est très important pour moi que ça se passe bien et que tout le monde mette la main à la pâte, même si ça ne marche pas tout le temps. Au-delà de ça, j’ai envie de gagner encore plus, faire une très grosse année. Ce que j’ai fait sur trois mois où je jouais la gagne tous les week-ends avec les meilleurs, je veux le faire toute l’année. Mais je sais que ça dépend aussi beaucoup de moi et de mon poids. À moi de faire les choses de manière carrée en janvier-février.

Et à plus long terme ?
Je n’ai jamais spécialement eu l’idée de passer pro. Mais l’année dernière, en fin de saison, on commençait à m’en parler un peu. Je me dis qu’en faisant un début de saison comme j’ai fini cette année, une porte de stage dans une Conti en France peut s’ouvrir. Il y a pas mal de portes à ouvrir en tout cas. Mais à long terme je n’ai pas d’idée précise.

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Florian RAPITEAU