Yoann Paillot, un gros moteur… diesel

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin - DirectVelo

Yoann Paillot n’a pas attendu longtemps pour se remettre en selle. 20e du Championnat d’Europe contre-la-montre à Glasgow (Ecosse) mercredi dernier, le Charentais était de retour à la compétition sur les routes françaises dès ce dimanche. Et le sociétaire de la formation St-Michel-Auber 93 s’est imposé en Elite Nationale, sur ses terres, à Saint-Georges-des-Coteaux pour le Prix Marcel Bergereau (voir classement). Le rouleur a devancé l'intenable Champion de France Geoffrey Bouchard (CR4C Roanne) et Morne Van Niekerk (Team Christian Magimel). L’occasion pour DirectVelo de faire un point avec l’athlète de 27 ans.

DirectVelo : Pourquoi avoir fait le choix de participer à cette Élite Nationale ce dimanche ?
Yoann Paillot : A cette période de l’année, en Continental, on n’a pas beaucoup de courses. C’est toujours bien de gagner. C’est une victoire de plus pour l’équipe, même si c’est en Elite. Maintenant, il me manque une belle victoire chez les pros, mais je pense que ça devrait arriver d’ici pas longtemps. Ici en Charente, j’étais plutôt là en préparation. J’avais déjà disputé un critérium pros hier (samedi) et j’avais les jambes un peu lourdes. J’étais d’abord là pour me faire plaisir et j’ai réussi à prendre la bonne échappée. Dans le final, Geoffrey Bouchard a placé une grosse attaque qui a créé un bon groupe. On s’est bien entendu et on a fait le trou. A 7 kilomètres de l’arrivée, ça a commencé à attaquer un peu partout, puis j’ai attaqué une première fois à mon tour… Et j’en ai remis une. J’ai réussi à remettre deux-trois dents de plus et j’ai pu faire le trou.

« TOUTE L'ÉQUIPE ME FAIT CONFIANCE POUR CETTE COURSE »

Tu avais donc de bonnes sensations...
Je ne me sentais pas forcément très bien, en réalité. Je n’ai pas beaucoup roulé ces derniers jours. Je suis passé de 10-15 degrés en Ecosse à quasiment 35, alors j’ai un peu accusé le coup. Mais quand il fallait se mettre quasiment à bloc, j’ai pu le faire. Il valait mieux que j’arrive seul car je savais qu’au sprint, ça allait être compliqué. Je suis un peu plus diesel que l’an dernier mais je sais que je peux produire un gros effort quand j’attaque. Au sprint, je serais tombé sur plus fort que moi alors je voulais à tout prix finir tout seul.

Tu vas très vite te frotter à nouveau au très haut-niveau lors du Tour du Poitou-Charentes, une épreuve que l’on sait chère à ton coeur !
Pour être honnête, l’équipe voulait d’abord me mettre au Tour du Limousin mais je préférais ne pas y aller pour bien me préparer pour ce Tour du Poitou-Charentes, à la maison. En plus, le Tour du Limousin sera très dur cette année. Le “TPC” sera vraiment un objectif, je le prépare très bien. Toute l’équipe me fait confiance pour cette course. Ils m’ont pris dans l’équipe pour ces courses par étapes avec un contre-la-montre. C’est le seul chrono important pour moi en fin d’année. Il y a toujours un gros plateau sur cette course, alors si je peux déjà faire un Top 10, ce sera bien.

« J’AURAIS DÛ TERMINER À ENVIRON DEUX MINUTES »

En parlant de contre-la-montre : comment as-tu vécu le Championnat d’Europe de Glasgow ?
Il m’a manqué une ou deux dents en comparaison avec les coureurs qui sortaient du Tour. J’aurais pu faire 10 ou 11e mais j’ai glissé sur une plaque à deux kilomètres de l’arrivée. Ma roue-avant est partie et je n’ai rien pu faire. J’ai été obligé de changer de vélo et de finir comme je pouvais, un peu en vrac (20e voir le classement). J’étais parti là-bas dans l’inconnu car je n’avais pas couru à l’international depuis longtemps. C’est une expérience toujours bonne à prendre pour la suite, dans les chronos. Comme le dit Cyrille Guimard (le sélectionneur national, NDLR), il y avait un gros plateau et j’aurais dû terminer à environ deux minutes du meilleur temps sans ma chute. C’est satisfaisant face aux grosses armadas. J’espère me rattraper avec une sélection au Championnat du Monde.

Tu comptes donc être présent à Innsbruck...
Je suis dans la présélection. Si tout se passe bien, je serai déjà au stage du mois de septembre. Ce serait pas mal pour moi d’être là-bas. J’espère y participer. Si j’y vais, j’aurai une meilleure préparation qu’au Championnat d’Europe. Ce serait compliqué d’y faire un Top 10 avec tous les meilleurs mondiaux, mais je pourrais peut-être faire un truc.

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