Laurent Monrolin : « Les idées ne manquent pas »

Crédit photo Christian Cosserat - DirectVelo

Crédit photo Christian Cosserat - DirectVelo

Les frères Monrolin, Laurent et Didier, n’avaient pas vraiment l’air stressé ce jeudi soir, à la veille d’organiser la Classic Grand Besançon Doubs qui précédera de 24 heures le Tour du Jura. Les deux hommes, qui ont créé avec leur père Claude le Tour du Revermont en 2003  qui a depuis bien grandi, savent faire. Alors qu’ils venaient d’en terminer avec la réunion des directeurs sportifs, ils se sont amusés au petit jeu des pronostics. Et il faut dire qu’ils avaient de quoi citer quelques noms alléchants (voir la liste des partants). Avant de se remettre sur son ordinateur pour régler quelques détails, Laurent Monrolin a fait le point avec DirectVelo sur les deux épreuves qui ont su se faire une belle place dans le calendrier professionnel français. 

DirectVelo : Dans quel état d’esprit es-tu à l’amorce des deux compétitions ?
Laurent Monrolin : C’est toujours l’excitation qui domine avant les courses. Tout est en place et on a hâte d’y être. Tout s’annonce plutôt bien, avec une belle startlist. L’organisation commence à être bien rodée. Le parcours de la Classic Grand Besançon reste sensiblement le même d’une année à l’autre. On commence donc à avoir nos habitudes. On essaie d’optimiser au maximum, sans grandes nouveautés. On sécurise le bon fonctionnement de la course en essayant de franchir les échelons petit à petit, et en renforçant nos points forts.

« TOUT EST SUR LA TABLE »

Pourquoi faire le choix de deux arrivées au sommet et sur les mêmes lieux que l’an passé ?
On veut essayer de proposer des parcours difficiles, c’est notre marque de fabrique. La Franche-Comté, c’est la montagne. On veut donc des parcours difficiles et les collectivités nous suivent dans ce choix-là. Le Mont Poupet, c’est aussi une volonté du conseil départemental du Jura de valoriser ce secteur. On voudrait l’installer comme une montée incontournable. On n’y retournera peut-être pas tous les ans mais pour l’instant, on est là-dessus.

Que pouvez-vous faire de mieux ?
Les idées ne manquent pas. On a toujours dans un coin de la tête la volonté de travailler sur des épreuves féminines. Ce ne serait pas à ces dates-là car ça ne conviendrait pas étant donné le calendrier féminin à cette période. On réfléchit à ce qu’il serait possible de faire. L’idée du triptyque, avec nos amis du Tour du Doubs, a bien marché l’an dernier. On est content de la formule. On se demande si l’on pourrait monter en ProSeries et/ou repasser en course par étapes. On a toujours eu une volonté d’évoluer sur des cycles de trois-quatre ans. C’est notre quatrième week-end en Classe 1. Maintenant, on attend la réforme du calendrier de l’UCI.

Tu imagines donc une course par étapes dans un avenir proche…
C’est une idée que l’on a, oui. Même si on aime bien ce format de courses aussi. C’est le même qu’aux Boucles Drôme-Ardèche. On s’inspire beaucoup de ce qu’ils font de leur côté. On pourrait aussi avoir, pourquoi pas, la volonté d’organiser un Championnat de France à terme. Tout est sur la table. On n’exclut aucune possibilité mais il faudra faire des choix. L’idée de la course par étapes n’est pas la plus simple de toutes. Une course par étapes pourrait permettre d’écrire un film sur plusieurs jours. Mais ça pourrait aussi être une fausse bonne idée. On pourrait imaginer quatre ou cinq jours de course, et aller dans des départements voisins.

« DU GAGNANT-GAGNANT » AVEC LE TOUR DU DOUBS

Comment travailles-tu avec les organisateurs du Tour du Doubs qui est passé depuis l’an dernier de septembre à avril, pour faire ce triptyque ?
On est sur la même longueur d'onde. On travaille en très bonne intelligence avec Fabien (Vardanéga), Jean-François (Ducrot) et toute leur équipe. On fait des points régulièrement. On fait la sélection des équipes ensemble et en commun pour avoir une unité sur ce triptyque. On travaille également sur des prestataires en commun. Si on peut faire des économies en mutualisant, c’est du gagnant-gagnant. Réunir les trois courses permet de proposer un vrai projet aux équipes. C’est bon également pour limiter les déplacements.

Le Tour du Doubs figure au calendrier de la Coupe de France FDJ. Est-ce, à terme, envisageable pour la Classic Grand Besançon et le Tour du Jura ? 
Dès le début, on avait fait le choix assumé de ne pas demander la Coupe de France. On trouve qu’il y a déjà beaucoup de manches. On ne voulait pas alourdir le calendrier. On voulait aussi avoir les mains libres pour négocier la diffusion télé, par exemple. C’est donc un vrai choix, même si on a un grand respect pour les organisateurs des différentes manches de Coupe de France, qui font un travail formidable. Le Tour du Doubs est en Coupe de France, ça ne nous empêche pas de travailler ensemble. On discute avec la Ligue également, pourquoi pas travailler sur un autre format de Coupe de France mais ça, ce n’est que notre point de vue d’organisateurs.

Les deux courses sont-elles aujourd’hui là où tu aurais imaginé il y a quelques années ?
Quand on a lancé le Tour du Jura il y a 18 ans, c’était une épreuve régionale. On était heureux d’avoir le CC Etupes au départ. Maintenant, quand on voit que l’on a des coureurs comme David Gaudu, Michaël Woods ou Thomas De Gendt au départ, c’est une vraie fierté. Tout comme de voir les équipes contentes d’être là. Honnêtement, on ne pensait pas intégrer le monde professionnel un jour et réussir. C’est plus que ce qu’on pouvait espérer.

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