Antoine Debons : « 2e derrière Hirschi, ça a de la gueule ! »

Crédit photo Hervé Dancerelle / DirectVelo

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Antoine Debons a failli créer l’une des plus grosses sensations du week-end des Championnats nationaux, lors de l’épreuve helvète. Coureur amateur, membre de la N1 Philippe Wagner Cycling, après avoir porté le maillot de Charvieu-Chavagneux IC l’an dernier, le Suisse n’a été devancé que par le seul Marc Hirschi (UAE Team Emirates) sur un circuit exigeant, en banlieue zurichoise (voir classement). “On avait sept tours d’un circuit de vingt bornes avec une montée en deux temps pour dix minutes d’effort. C’était un parcours assez vallonné, avec un peu moins de 2500 mètres de dénivelé. Il faisait 30 degrés”, contextualise le vice-Champion national auprès de DirectVelo, au moment de revenir sur la course.

Ce Championnat était évidemment très particulier pour l'ensemble des participants et des suiveurs, puisque toute la grande famille du cyclisme suisse pensait encore très fort, bien sûr, à un Gino Mäder qui aurait d'ailleurs été l'un des grands favoris au titre. 
Avant le départ du Championnat, Antoine Debons s’était mis en tête de ne pas laisser partir un gros coup avec un ou plusieurs bons représentants de l’équipe Tudor. “L’idée, c’était de sortir avec un mec de chez eux, comme ils étaient nombreux et que forcément, ils ne rouleraient pas derrière. Mais le problème, c’est que tout le monde avait la même idée”. Sur ce Championnat national, la ProTeam suisse - et les membres de sa Conti - était en surnombre, face à de grosses individualités du WorldTour. 

SEUL STEFAN KÜNG A RÂLÉ

Un premier trio, composé du tenant du titre Robin Froidevaux (Tudor), de son coéquipier Roland Thalmann et de Fabian Lienhard (Groupama-FDJ) a d’abord pris jusqu’à trois minutes d’avance. Avant que Stefan Bissegger (EF Education-EasyPost) prenne ses responsabilités en bouchant une bonne partie du trou lui-même. “Puis il y a eu pas mal d’attaques”. Antoine Debons décide pour sa part de se focaliser sur Stefan Küng (Groupama-FDJ) et Marc Hirschi (UAE Team Emirates). L’échappée est finalement reprise.

Simon Pellaud et Sebastien Reichenbach (Tudor) ressortent alors à mi-course avec Mauro Schmidt (Soudal-Quick Step). Derrière, Antoine Debons se retrouve dans le premier contre en compagnie de... Stefan Küng et Marc Hirschi. Puis ils récupèrent Mauro Schmidt, lâché de l’échappée. “Dans le contre, je ne voulais pas rouler car j'avais deux super potes devant, sourit le Valaisan. De toute façon, avec mon maillot de N1… Ils ne s’occupaient pas trop de moi, sauf Stefan Küng qui râlait, il était énervé que je ne roule pas”.

MARC HIRSCHI BIEN PLUS PUISSANT AU SPRINT

Le scénario de la course s’avère passionnant et finalement, c’est dans les 100 derniers mètres que le groupe de contre avale la tête de course. Dans une arrivée jugée au terme d’un faux-plat montant de 300 mètres, Marc Hirschi se montre nettement le plus costaud. “Je m’étais mis dans la roue de Stefan Küng, dans l’espoir qu’il lance tôt, mais il avait beaucoup donné et n’avait plus rien. Il s’est vite écrasé. Le temps que je le déboite, Marc Hirschi avait déjà cinq vélos d’avance et il les a gardés”. Pas de regrets, malgré tout, pour le coureur de Wagner. “Franchement, il n’y avait pas photo. Il était plus fort”

Médaillé d’argent, Antoine Debons est très fier de son résultat. “Bien sûr, c’était sans doute une occasion en or de décrocher le titre mais 2e derrière (Marc) Hirschi, ça a de la gueule, ça le fait !”, se réjouit celui qui a pu compter sur son père pour l’aider ce dimanche. “Sur le Championnat de Suisse, il faut être au moins cinq ensemble pour avoir une voiture de dépannage alors on s’est rassemblés entre différentes individualités et c’est mon père qui a joué les directeurs sportifs”. Peu après l’arrivée, les messages de ses habituels coéquipiers de la Philippe Wagner Cycling se sont multipliés. “Plein de coureurs m’ont écrit, le staff aussi, et Philippe lui-même sur les réseaux. Je suis content et fier de ce que j’ai fait, j’espère qu’eux aussi”. Dans “une bonne période”, après avoir déjà terminé 3e d’étape à Montbéliard le week-end précédent (lire ici), l’athlète de 25 ans va encore enchaîner avec le Tour du Pays Roannais. Histoire, pourquoi pas, de profiter de ses excellentes jambes du moment pour aller en claquer une. 

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