Clément Lalba sort de l’ombre en perçant le brouillard

Crédit photo Maitane Froger

Crédit photo Maitane Froger

C’est la grande surprise de la troisième journée de course sur la Ronde de l’Isard. Alors que seuls Andrea Bagioli, Andreas Leknessund et Clément Champoussin - les hommes forts de l’épreuve - en avaient terminé quelques instants plus tôt sur les hauteurs de Quérigut, c’est soudain un coureur à l'imperméable noir et un cuissard aux couleurs du Comité de Nouvelle-Aquitaine qui surgit du brouillard pour aller couper la ligne d’arrivée en quatrième position (voir classements). Ce maillot, c’est celui du jeune Clément Lalba, habituel sociétaire de la DN1 de Creuse Oxygène Guéret, qu’il a rejoint l’hiver dernier. “Je me suis surpris. J’ai fait une assez bonne montée du Col de Pailhères (la dernière difficulté de l'étape, également la plus longue, NDLR). C’était un col assez long, dans lequel je me suis de suite senti à l’aise. Je me suis rapidement retrouvé dans le premier groupe de contre, derrière le maillot jaune (Andrea Bagioli, seulement accompagné de son dauphin norvégien Andreas Leknessund, NDLR). Après, j’ai assuré dans la descente”, synthétisait le garçon auprès de DirectVelo, quelques minutes après en avoir terminé de cette étape courue dans des conditions une nouvelle fois dantesques.

Mais ni la pluie, le vent, le froid, ni même l’enchaînement des cols à haute altitude n’ont eu raison de la détermination de ce coureur qui a découvert le cyclisme à ce niveau il y a seulement deux ans.
“En bas de la descente, je me suis retrouvé dans un groupe où l’on retrouvait notamment Théo Nonnez, puis j’ai réussi à ressortir à quatre kilomètres de l’arrivée pour aller faire 4e. Je suis très satisfait de ce résultat”, se réjouit-il.

« IL NE FALLAIT PAS SE LOUPER »

Amoureux de la montagne et des Pyrénées, dans lesquelles il promet avoir accumulé les kilomètres d’entraînement, l’athlète de 21 ans n’avait pourtant aucune référence en compétition sur les cimes, jusqu’à présent. C’est désormais chose faite. “Je m’étais préparé avec une semaine de stage, accompagné de Thomas Acosta notamment. C’est le type de course qui me convient. Il n’y en a pas beaucoup des comme ça dans le calendrier. Il ne fallait pas se louper”.

Cette année, Clément Lalba n’avait pas encore décroché le moindre Top 10. Pour trouver trace d’accessits intéressants, il faut remonter à février 2018, et à ses places de 10e et 12e durant la première épreuve du calendrier, l’Essor basque. Rien de mieux. Et pour cause : le grimpeur aux belles facultés de récupération, qui explique se sentir
“mieux de jour en jour”, n’a que peu de temps pour s’entraîner et s’adonner à sa passion. Etudiant à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tarbes (ENIT), il est actuellement en stage et dit travailler “à peu près 40 heures par semaine”, pour ses études. Difficile, dans ces conditions, de suivre le rythme de certains de ses collègues de DN1, qui ne vivent que de leur pratique du cyclisme. “Forcément, ça fait des charges assez conséquentes. Il faut concilier les deux activités, mais ça a bien marché aujourd’hui (samedi)”, conclut-il avec le sourire. 

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