Mauri Vansevenant va faire du bien à EFC-L&R-Vulsteke

Crédit photo Nicolas Mabyle - DirectVelo

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Mauri Vansevenant s'est offert dimanche la première victoire pro de sa carrière au Grand Prix de l'Industrie et de l'Artisanat (1.Pro). SA prestation n'a surpris qu'à moitié son ancien directeur sportif chez EFC-L&R-Vulsteke, Wim Feys. "Quand tu termines 3e du Trofeo Laigueglia quatre jours auparavant, tu peux attendre qu'il joue les premiers rôles", lâche-t-il à DirectVelo avant de s'extasier : "mais qu'il arrive à battre des grands noms comme Bauke Mollema, Mikel Landa et Nairo Quintana, ça c'est fort !".

Avant le début de la saison, le Courtraisien était modeste concernant ses ambitions. "Je veux devenir un bon coéquipier pour Remco Evenepoel. Je sais que mes capacités sont limitées et que mon sprint ne me permettra pas de gagner beaucoup de courses", précisait-il à Sporza. Force est de constater que le 6e du Tour de l'Avenir 2019 s'est sous-estimé. "C'est du Mauri tout craché, toujours modeste, ce garçon ne connaît pas son potentiel. Il est comme ça, il ne fera jamais de grandes déclarations". En débarquant chez les professionnels, Mauri Vansevenant avait encore une marge de progression importante. "Chez les Espoirs, il combinait le vélo, avec les études et la ferme car Mauri adore se ressourcer chez lui près de ses animaux. Un mois avant son succès au général du Tour du Val d'Aoste en 2019, il était encore en examen, rappelle Wim Feys. En signant chez Deceuninck-Quick Step, j'étais convaincu qu'il avait encore une grande marge de progression. Maintenant, il peut se consacrer davantage au vélo et voilà le résultat".

LE BON TRAVAIL D'EFC-L&R-VULSTEKE 

Peut-il déjà envisager de jouer la gagne dans des courses WorldTour ? "Peut-être pas, et d'ailleurs, je l'encourage à rouler au service de grands leaders car il va encore développer son moteur. Mais dans deux ans, il doit être en mesure de lutter pour la victoire dans une classique wallonne. Bien que pour le même prix, il allait déjà au bout à la Flèche Wallonne l'an dernier". Un Grand Tour serait-il dès lors une bonne idée dans sa progression en 2021 alors qu'il est dans la préselection pour la Vuelta ? "Si on ne lui met aucune pression de résultat, pourquoi pas ? Il est dans la bonne équipe. Ça lui ferait du bien, il prendrait encore de la caisse". D'ailleurs, ses références en chrono ne sont pas encore suffisantes pour envisager des bons classements généraux. Mais Wim Feys ne veut pas tirer de conclusions trop hâtives. "Je suis sûr que Mauri pourrait surprendre dans cet exercice. Quand je vois comment le peloton a galéré pour aller le chercher à la Flèche Wallonne l'an dernier, je me dis qu'il doit être capable de se défendre. Gagner un chrono, peut-être pas, en tout cas, plus que limiter les dégâts, certainement". 

En tout cas, voir Mauri Vansevenant gagner chez les pros remplit de joie Wim Feys, qui vit des moments difficiles avec son équipe EFC-L&R-Vulsteke, toujours à l'arrêt à cause de l'annulation des courses nationales, et un budget amoindri pour la saison 2021. "C'est toujours sympa de voir un ancien exploser chez les pros. Cela permet de parler d'EFC-L&R-Vulsteke. On parle souvent de la qualité de la formation chez Lotto-Soudal, mais on fait également du bon travail. Nous ne prenons pas toujours les coureurs les plus talentueux des Juniors, mais regardez ce qu'on a pu faire avec des Cédric Beullens, Yves Lampaert, Florian Sénéchal, Jordi Warlop, Stijn Steels ou Aimé De Gendt. Il ne faut pas nécessairement aller chez Lotto-Soudal pour devenir un grand coureur. L'ascension de Mauri va faire du bien à tout le monde, au staff, aux soigneurs et aux coureurs. Ça va les motiver quand les courses vont reprendre". 

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