Alan Riou : « Je me suis vu gagner »

Crédit photo Zoé Soullard / DirectVelo

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Alan Riou devra encore patienter pour décrocher un premier succès chez les pros. Le sociétaire de l’équipe Arkéa-Samsic a joué la victoire, ce vendredi, à l’occasion de la quatrième étape du Tour de Bretagne (2.2), mais le Breton a dû s’incliner dans un sprint à deux face au Néerlandais Elmar Reinders (voir classement). DirectVelo a recueilli la réaction du coureur de 24 ans après l’arrivée.

DirectVelo : Ce n’est pas passé loin, sur des routes que tu connais bien !
Alan Riou : J’ai déjà fait des performances dans ce coin-là mais cette fois, c’est une 2e place. Je savais qu’il était costaud (Elmar Reinders, NDLR). Dans le final, il commençait à ne plus trop passer. À la borne, j’ai demandé un dernier relais mais il n’est pas passé. Je ne voulais pas jouer au con à trop ralentir car dans la cuvette, quelqu’un aurait pu prendre l’inspiration et placer une attaque de derrière. J’ai pris un côté de la route, le côté gauche. C’était le bon car c’était celui où il y avait le moins de chemin à faire durant le sprint. Mais il n’y a rien à dire, il était plus fort. Sur les cinquante dernières mètres, il avait un plus gros jump que moi.

Te doutais-tu qu’Elmar Reinders allait être ton principal adversaire ?
Sur la fin de course, on a vu que nous étions les deux qui passions les plus gros relais. Les autres étaient un peu plus dans le mal mais c’est normal, il y a une petite différence de force, sur le plat, entre les pros et les amateurs. Je savais que c’était un bon sprinteur. Pour moi, c’est encore loupé… Je n’aurais pas pu sortir tout seul avant le sprint, ça aurait été trop dur avec le vent… En tout cas, c’était une belle bagarre, on a bien animé la course. On retentera, on est là pour ça. Depuis le début de ce Tour de Bretagne, l’équipe Arkéa-Samsic montre qu’elle est offensive. Pour l’instant, ça ne nous réussit pas mais j’espère que ce sera le cas d’ici Dinan.

Était-ce le plan initial d’aller dans l’échappée ?
Pas forcément. Ce qu’on voulait éviter, c’est qu’il y ait rideau après qu’une échappée soit partie. On voulait essayer d’user les B&B Hôtels. On verra au fil des jours si on peut faire basculer le général. Je n’avais pas forcément prévu de prendre l’échappée aujourd’hui (jeudi) mais j’y suis allé à un moment où je sentais que ça commençait à faire mal. J’ai laissé un peu de jus pour rentrer mais c’est comme ça. Dans le sprint, j’ai peut-être lancé d’un peu loin, mais je ne pense pas avoir fait d’erreur. Quand on a envie de gagner, ce n’est pas facile à gérer.

« C’EST MOINS FACILE À ALLER CHERCHER »


Parce que tu t’es vu gagner ?
Oui, bien sûr. Je me suis vu gagner. Je n’ai pas coincé. Mais il avait plus de jump que moi, il n’y a rien à dire. Le premier jour, j’ai eu une défaillance et je n’aurais pas dû être là au général. Le jeu des bonifications, si j’étais placé au général, m’aurait sûrement plu. J’aurais pu faire ce que fait Thibault (Ferasse) ces derniers jours. J’étais déçu mais l’équipe a toujours confiance en moi, et on part de l’avant.

Tu tournes autour cette saison…
J’avais fait 2e à Paris-Troyes en étant sauté sur la ligne par quelqu’un qui revenait de derrière (Romain Cardis, NDLR). Puis j’ai fait 3e sur le Tour de la Communauté de Valence. Les victoires chez les pros, c’est moins facile à aller chercher que chez les amateurs.

Chez les amateurs, tu étais habitué à gagner. Comment vis-tu le fait d’enchaîner les jours de course sans ne pouvoir en claquer une désormais ?
C’est comme ça… C’est une autre histoire. Chez les pros, c’est notre travail. Il y a de gros leaders dans l’équipe, avec Nacer (Bouhanni), Nairo (Quintana) ou Warren (Barguil). C’est tout à fait normal de rouler pour eux, quand on voit les résultats qu’ils obtiennent. C’est un plaisir de rouler pour eux. Il me manque de la confiance, peut-être pour gagner. Je renoue avec ça, justement, sur le Tour de Bretagne. Je savais que j’allais avoir des libertés cette semaine.

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