Clara Copponi : « Je suis plus sereine qu’avant »

Crédit photo Thomas Maheux

Crédit photo Thomas Maheux

Quelle belle saison sur route pour Clara Copponi. Après six Top 10 lors de ses six premières épreuves de la saison, puis une première victoire en WorldTour et le port du maillot de leader sur les routes du Tour de Grande-Bretagne, la Provençale a également terminé ce joli cru 2022 en beauté en remportant la Choralis Fourmies puis en terminant 2e du Grand Prix d’Isbergues (1.2) pour ses deux dernières courses sur route de la saison. À moins d’un mois des Mondiaux sur piste de Saint-Quentin-en-Yvelines, la sociétaire de la FDJ-Suez-Futuroscope revient sur son évolution, sans oublier d’évoquer l’avenir. Entretien pour DirectVelo.

DirectVelo : Tu as mis fin à ta saison sur route avec une victoire et une 2e place !
Clara Copponi : C’est vrai que c’est une belle façon de terminer la saison. On peut dire que globalement, la saison a bien commencé puis s’est bien finie, avec quelques petits soucis entre les deux. J’avais peur de ne pas être trop en forme sur ma dernière course mais il était important pour moi de finir en beauté, à la maison, en France. Ça fait vraiment plaisir de finir de cette manière.

« JE REVIENS TOUJOURS PLUS FORTE »

Le seul véritable point noir de ta saison aura été cette fracture de la clavicule en avril, à Glasgow…
J’ai un peu moins couru que je l’aurais pu ou voulu à cause de cette chute mais c’est bien revenu par la suite avec cette première victoire en Grande-Bretagne. J’ai l’impression que quand j’ai une galère, je reviens toujours plus forte (sourire). Les blessures ou les coups durs, comme la Covid, m’aident à me faire passer un palier, paradoxalement.

Il y a aussi eu cette première expérience sur le Tour d’Italie, avec deux Top 10…
J’étais là-bas pour progresser physiquement mais pas du tout dans un rôle de leader. J’y ai fait mon boulot pour les autres filles. Il était prévu que je fasse aussi les sprints, bien sûr, mais c’était à une période où je n’étais pas encore super à l’aise à l’idée d’aller frotter à fond. C’était compliqué, il m’a fallu du temps pour me remettre pleinement dedans. 

Malgré cette saison très réussie, as-tu des regrets ?
Sur le début de saison, même si j’ai été régulière, j’aurais aimé décrocher au moins un podium, voire plusieurs. Au final, je faisais toujours 4, 5 ou un fond de Top 10. Je suis persuadée que ça aurait pu être un peu mieux mais je n’étais pas encore dans les meilleures dispositions et j’ai fait de mauvais choix tactiques. Quand tu n’es pas habituée à jouer la gagne, forcément, tu fais des erreurs. Il a aussi fallu trouver des automatismes avec les filles, c’est venu petit à petit, à force de s’y habituer sur chaque course.

« IL FAUDRA TROUVER LE BON COMPROMIS »

Quelles sont tes principales pistes de travail pour passer un nouveau cap en 2023 ?
L’idée, c’est de m’améliorer encore dans ma gestion des sprints. Je pense aux prises de décisions. En fin de saison, c’était déjà mieux qu’au printemps mais il y a toujours de quoi s'améliorer. Il faut faire des retours vidéo sur les sprints à chaque course, ça prend du temps mais ça aide. Au Grand Prix d’Isbergues, j’ai démarré encore un peu trop tôt même si ça ne m’a pas empêchée de faire 2. Ce qui est bien, c’est que je n’ai plus cette peur de perdre que j’avais par le passé. Je suis plus sereine qu’avant dans ma façon de gérer mes fins de course. Mais je sais que je peux être encore plus pointue. Avec la prépa olympique qui arrive doucement mais sûrement, je vais aussi devoir prendre de la force. Et continuer d’accumuler l’expérience.

Comment comptes-tu gérer ton calendrier entre la piste et la route, toi qui peux espérer devenir à terme une grande sprinteuse au niveau mondial et qui, dans le même temps, rêve en grand pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 ?
L’air de rien, les Jeux Olympiques sont déjà proches. Les qualif vont débuter en février. Il faut être prête tout de suite. Sur les Championnats d’Europe, ça a été, j’étais bien. On verra ce que ça donne au Mondial mais je suis assez confiante. Pour 2023, je vais forcément faire un peu moins de route mais je ne sais pas encore précisément ce qu’il va se passer. Peut-être que j’ajouterai ou que j’enlèverai des courses du calendrier suivant les événements. Il faudra trouver le bon compromis. Je sais que je vais sûrement devoir renoncer à des courses que j’ai envie de faire mais il va falloir s’adapter et faire un calendrier intelligent.

Et le Tour de France ? Est-ce envisageable l’année prochaine ou incompatible avec la piste et la préparation des Jeux Olympiques ?
L’objectif, ce sont les Jeux Olympiques. Pour le reste, on verra… Peut-être qu’il faudra patienter encore un an de plus pour faire le Tour mais il y aura bien un moment où je vais le découvrir (sourire). Il faut faire preuve de patience et penser aux priorités. Ça dépendra de mon calendrier sur piste, c’est sûr. Mais ce n’est pas un problème. Le fait d’alterner la route et la piste m’a toujours permis de maintenir l’envie et la hargne sur chaque course et c’est évidemment le plus important. 

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